Statues-menhirs du groupe provençal

Stèle de Cavaillon.

Les statues-menhirs du groupe provençal sont un ensemble d'une quarantaine de petites stèles anthropomorphes, assimilées à des statues-menhirs 22, qui doivent leur nom à leur découverte dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence.

Historique

Un premier ensemble de huit stèles est découvert en 1838 à la Puagère dans le quartier du vieux Sénas désormais conservé au musée Calvet d'Avignon, puis un second ensemble en 1870 à la Bastidonne à Trets, désormais conservé au Musée d'Archéologie nationale. A ce jour, le groupe provençal comprend une quarantaine de petites stèles anthropomorphes.

Description

Il s'agit de petites stèles, souvent fragmentées, qui ne comportant que la représentation d'un visage, pour lesquelles la qualification de statue-menhir paraît un peu excessive[1]. Sylvain Gagnière les classent dans deux groupes différents : le groupe dit « venaissin » et le groupe dit « des stèles à décor de chevrons »[1],[2].

Le groupe « venaissin » comporte des stèles découvertes dans le Vaucluse (Avignon, L'Isle-sur-la-Sorgue) et les Alpes-de-Haute-Provence. Ces stèles sont de petite taille de 0,25 à 0,45 m de hauteur, en forme de borne avec un sommet arrondi. Le décor est disposé en arc de cercle, la figure anthropomorphe est très schématisée et systématiquement associée avec des cupules disposées sur les différentes faces de la stèle[2].

Le groupe « des stèles à décor de chevrons » semble lié au bassin de la Durance[1]. Il comporte des stèles légèrement plus hautes (0,25 à 0,45 m) que celles du groupe venaissin. Le visage est dessiné en creux avec un bloc nez-sourcils en relief et des yeux en relief (Cavaillon, Puyvert 1 et 2) ou en creux (Font de Malte). Il est entouré de motifs gravés très fins et soignés (Puyvert 1 et 2, Font de Malte) ou plus sommaires (Sénas, Mont Sauvy) parfois interprétés comme une représentation des cheveux. Les traits du visage sont parfois très abstraits (Trets) et dans certains cas ils étaient probablement uniquement peints, avec la disparition de la peinture, il n'en demeure que des stèles aniconiques qui n'ont pu être identifiées que par le travail de préparation de la pierre (Château-Blanc, L'Ubac)[2].

Ces stèles ont toutes été découvertes dans un contexte archéologique funéraire. Elles sont attribuées au Néolithique récent (entre 3600 et 3300 avant J.-C.) mais leur utilisation primaire dans un contexte différent avec remploi funéraire ultérieur n'est pas exclu[2].

Galerie

  • Stèle de Lauris, du type « décor à chevrons ».

    Stèle de Lauris, du type « décor à chevrons ».

  • Stèle du rocher des Doms, du type « venaissin ».

    Stèle du rocher des Doms, du type « venaissin ».

  • Stèle au musée préhistorique de Quinson, du type « venaissin ».

    Stèle au musée préhistorique de Quinson, du type « venaissin ».

  • Stèle au musée préhistorique de Quinson, du type « venaissin ».

    Stèle au musée préhistorique de Quinson, du type « venaissin ».


Notes et références

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Statues-menhirs du groupe provençal, sur Wikimedia Commons

Bibliographie

  • André d'Anna, « Les statues-menhirs en Europe à la fin du Néolithique et au début de l'Âge de Bronze », dans Statues-menhirs, des énigmes de pierre venues du fin des âges, Vérone, Éditions du Rouergue, , 222 p. (ISBN 978-2-8126-0348-8), p. 165-166
  • André d'Anna, « A propos des stèles de Lauris-Puyvert (Vaucluse) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 72, no 6,‎ , p. 191-192 (DOI https://doi.org/10.3406/bspf.1975.8374, lire en ligne)
  • André d'Anna, Xavier Gutherz et Luc Jallot, « Les stèles anthropomorphes et les statues-menhirs néolithiques du sud de la France », dans Notizie archeologiche bergomensi, vol. 3 : Statue-stele e massi incisi nell'Europa dell'età del rame, Civico Museo Archeologico di Bergamo, , p. 143-165
  • André d'Anna, Nathalie Lazard-Dhollande et Olivier Lemercier, « Une stèle anthropomorphe néolithique trouvée près de Cavaillon (Vaucluse) acquise par le musée des Antiquités Nationales », Antiquités nationales, no 29,‎ , p. 21-26
  • André d'Anna et Maurice Pezet, « Une nouvelle stèle anthropomorphe découverte à Orgon (Bouches-du-Rhône) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 72, no 7,‎ , p. 218-219 (DOI https://doi.org/10.3406/bspf.1975.8378, lire en ligne)
  • Christiane Bosansky et André d'Anna, « Deux nouvelles stèles néolithiques en Provence : Beyssan à Gargas (Vaucluse) », Bulletin de la société préhistorique française, vol. 112, no 1,‎ , p. 145-47 (lire en ligne)
  • Sylvain Gagnère et Jacky Granier, « Les stèles anthropomorphes du musée Calvet d'Avignon », Gallia préhistoire, vol. 6, no 1,‎ , p. 31-62 (DOI https://doi.org/10.3406/galip.1963.1221, lire en ligne)
  • Sylvain Gagnère et Jacky Granier, « Nouvelles stèles anthropomorphes chalcolithiques de la vallée de la Durance », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 64, no 3,‎ , p. 699-706 (DOI https://doi.org/10.3406/bspf.1967.4136, lire en ligne)
  • Anne Hasler, « Les stèles de la nécropole tumulaire néolithique de Château Blanc (Ventabren, Bouches-du-Rhône) », dans Actes du 2e colloque international sur la statuaire mégalithique. Saint-Pons de Thomières, septembre 1997, (lire en ligne), p. 105-112
  • Gérard Sauzade, « Découverte au village du Beaucet (Vaucluse) d'une nouvelle stèle anthropomorphe à chevrons du néolithique », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 84, no 6,‎ , p. 172-176 (lire en ligne)
  • Philippe Walter, Catherine Louboutin et Anne Hasler, « Les stèles anthropomorphes de la Bastidonne, Trets (Bouches-du-Rhône) et l’usage de la couleur sur les stèles provençales de la fin du Néolithique », Antiquités nationales, no 29,‎ , p. 28-33 (lire en ligne)

Articles connexes

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